Haters Gonna Hate

Si vous avez regardé ma dernière vidéo IGTV, vous savez que j’ai récemment reçu mon premier commentaire de hater* sur instagram, par message privé. J’avais été transparente avec le fait que j’aurai zéro tolérance par rapport à cette démarche, et par ailleurs, le cyberharcèlement, la diffamation ou les menaces sur les réseaux sociaux sont des problèmes sociétaux très actuels qui m’intéressent beaucoup. Au travers de Don’t Be Trashy, j’aime avoir la liberté de traiter de thématiques liées au développement durable à large spectre, et pour moi, une société dans laquelle nous subissons le déversement de la haine, sous n’importe quelle forme et quel média, n’est évidemment pas durable. Voilà pourquoi j’estime que ce sujet à sa place sur le blog.


*le terme hater, anglicisme utilisé à l’échelle mondiale, désigne une personne tenant des propos associés à un jugement haineux ou désapprobateur


L’une des raisons pour lesquelles j’ai longtemps hésité à commencer Don’t Be Trashy réside notamment dans la peur de subir ce genre d’expérience. Avec le recul, je trouve ça dommage que des personnes ayant l’envie de s’exprimer et d’être créatif se retrouvent à abandonner leurs projets par appréhension des commentaires malveillants et néfastes auxquels on se retrouve exposés lorsqu’on a une présence sur les réseaux sociaux. Parce que ce risque est bel et bien réel, la preuve étant, lorsque j’ai reçu ce message, je n’ai même pas été surprise. J’étais pleinement consciente que ça arriverait un jour ou l’autre, comme une fatalité.


Heureusement, il y a de plus en plus de sensibilisation à ce sujet, ainsi qu’une légitimation de la « cyber-agression ». Au départ, on faisait une distinction bien claire entre le monde virtuel et la vraie vie. Mais de plus en plus, l’impact de ces violences – certes, virtuelles – sont prises en compte, ne serait-ce que moralement. Légalement, par contre, cela reste encore très complexe.

Petite précision, je n’estime pas avoir été victime de cyberharcèlement ni de propos haineux ou violents; le message en question était très désagréable, méchant et sans aucun caractère constructif, mais je relativise malgré tout quant à son contenu, car j’ai pu être témoin de choses largement pires en surfant sur les réseaux. Je cite cette expérience car c’est elle qui m’a donné l’envie de faire cet article.


En parlant de ça avec une copine, celle-ci m’a annoncé le décès d’un artiste lausannois, Thomas Mustaki – dont je suivais le travail depuis plusieurs années. En plus du choc de son décès, elle m’a fait part d’un déversement de commentaires malveillants en réponse à l’article du 24h sur le sujet. J’étais bouche bée. A ce stade, on parle quand même de faire un commentaire haineux ou dont le but est de décrédibiliser, de tourner à la dérision l’identité d’une personne dans l’article annonçant son décès. Alors que tous ses proches sont en deuil, sous le choc, dans l’organisation douloureuse des procédures usuelles dans ce contexte – les gens n’ont rien de mieux à foutre ? Est-ce réellement possible d’être autant hostile et indifférent ?



En parallèle, j’ai récolté le témoignage de mon amie Leïla, créatrice du blog En Vert et Contre Tout (si vous ne connaissez pas, aller voir la page à ce sujet ici ou le blog directement ici). Comme vous le savez probablement déjà, Leïla est une personne que j’adore, comme beaucoup de gens d’ailleurs. Intelligente, cultivée, bienveillante, engagée, militante, drôle – la liste de ses qualités est longue. Elle a toujours été une source d’inspiration pour moi, j’ai beaucoup d’estime pour son avis et pour son combat. Pour cela, j’ai été très triste d’apprendre qu’elle a elle aussi été victime de cyberharcèlement. Vu sa notoriété, le succès de son blog et les thématiques dont il traite, je me doutais bien qu’il était possible qu’elle reçoive des commentaires désagréables de temps à autre – mais j’en avais largement sous-estimé l’étendue et la gravité du contenu. Pour vous donner une idée, un internaute lui aura quand même suggérer de se suicider, sous prétexte que ce serait la meilleure action à faire pour la planète, car cela ferait baisser ses émissions Co2. Heureusement, elle a assez de recul pour ne pas prendre ça trop à cœur, d’autant que tous les comptes militants qu’elle connait sont aussi passé par là. Cependant, je sais qu’elle ne minimise pas la gravité de ces propos et qu’elle s’inquiète surtout de l’impact de ce genre de messages sur les plus jeunes et les personnes vulnérables.


Dans cette même période, je suis tombée sur une vidéo Brut qui dénonce les attaques antisémites contre Miss Provence, durant la dernière élection de Miss France. Cette vidéo mentionne la problématique de l’impunité, notamment à cause de l’anonymat, et invite la loi à contraindre les grandes plateformes à obliger les internautes, d’une manière ou d’une autre, à s’auto-identifier. Par ailleurs, elle fait état de peines trop légères ou, lorsqu’elles sont à la hauteur du crime, ne sont pas purgées en bonne et due forme. Les accusés sont exonérés d’une certaine façon et peuvent ainsi continuer leurs vies comme si de rien n’était.


En faisant mes recherches pour cet article, je suis tombée sur ce reportage de la RTS, de l’émission Temps Présent. Parmi les cas mentionnés dans ce documentaire de 50min, je découvre celui de Céline, une adolescente de treize ans qui a mis fin à ses jours en 2017, suite à du cyberharcèlement. Une jeune femme s’est retrouvée en possession d’une photo intime de Céline, qu’elle a partagé sur les réseaux avant de commencer un cyberharcèlement qui aurait duré plus de six mois. Ce qui est spécifiquement choquant est sa condamnation, elle aura écopé de seulement quelques jours de travail d’intérêts généraux, et bien qu’elle ait commis de nombreuses récidives depuis, elle est toujours libre et agit en toute impunité. Comme indiqué dans le reportage, elle utilise même le décès de Céline à titre d’exemple pour oppresser et harceler de nouvelles victimes potentielles. Aujourd’hui, les parents de Céline se battent afin que le cybermobbing soit reconnu comme infraction pénale. Car au jour d’aujourd’hui en Suisse, il n’y a pas de loi spécifique condamnant cet acte, les moyens digitaux de harcèlement ne sont pas pris en compte. Afin de pouvoir commencer une démarche juridique, il faut que le « cyberharcèlement corresponde à une infraction applicable dans le monde physique » – whatever that means.


Mais à quel point ces haters sont-ils dangereux ?

La jeune femme citée plus haut aurait admis oralement aux parents de Céline « qu’elle se sentait bien lorsque les autres se sentaient mal, et qu’elle était constamment à la recherche de chair fraîche ». Dans un bref article publié sur Futura Sciences, j’ai trouvé d’une étude qui suggère que les « haters » pourraient être des psychopathes. Cette étude comptait 94 participants, dont 46 ayant publié des commentaires haineux sur un article sélectionné dans le cadre de la recherche. Les résultats mettent en lumières trois traits de personnalité chez les 46 participants en question, qui seraient associés à tous les comportements nuisibles selon certains psychologues : Il s'agit du narcissisme, du machiavélisme et de la psychopathie. Tout ça pour dire, il semble vigilant de ne pas sous-estimer ces rageux virtuels.


Après tous ces témoignages et toutes ces recherches, je réalise l’importance de cette réalité qu’est le cyberharcèlement. Personnellement, quand je repense à mon adolescence, celle-ci a été rude - et pourtant, il n’y avait pas encore de réseaux sociaux (DIEU MERCI). A cette époque, comme beaucoup d’entre nous, j’ai été attaquée principalement sur mon physique, souvent moquée et ostracisée. Mais une fois que je quittais l’école, j’avais la paix - les rumeurs ou commentaires médisants à mon égard s’arrêtaient aux tags fait au tipex sur la table de ping-pong de la salle de pause. Il faut comprendre que la gravité du cyberharcèlement réside notamment dans l’accumulation et l’impossibilité d’y échapper, où qu’on soit. A cet âge-là, nous n’avons pas les armes pour combattre ces formes d’oppression communautaire, c’est pour ça qu’il est spécialement important de protéger les adolescents et les enfants de ce fléau. Vous l’aurez bien compris.



Pour conclure, je retranscris ci-dessous quelques points clefs qui, je l’espère, pourront être utilisés comme des axes d’actions spécifiques afin de répondre à cette problématique, si délicate et complexe :

  • S’afficher ou être actif sur les réseaux sociaux ne justifie pas la diffamation, les menaces, les commentaires violents, haineux, racistes, homophobes – ou tout autre commentaire ayant pour but de dénigrer ou nuire à l’identité d’autrui. Si vous en êtes victime, soyez convaincu que ce n’est pas normal et que vous n’avez pas à l’accepter. Par ailleurs, ne pensez jamais que d’une façon ou d’une autre, vous en êtes responsable.


  • Sans le savoir ou sans le chercher, nous pouvons tous céder au « plaisir éphémère » d’un commentaire malveillant et cassant, spécialement lorsque nous sommes dans une réaction émotive et/ou que l’on parle d’une thématique qui fait résonner en nous un impératif moral. Évitons de réagir « à vif » et surtout, ne sous-estimons pas les conséquences psychologiques et émotionnelles que peuvent avoir les messages et commentaires sur les réseaux. Essayons de garder une approche constructive, respectueuse et bienveillante envers nos pairs.


  • S’intéresser à la psychologie du cyberharcèlement peut aider à en changer sa perception, à en comprendre les mécanismes. Cela permet de prendre du recul grâce au côté analytique, et donc à s’en distancer et se préserver. Je recommande ces vidéos / documentaires :


o Pourquoi les HARCELEURS sont-ils si CRUELS ? (PSYCHOLOGIE du HARCELEUR)

o Championne de France de cyber-harcèlement - Marion Seclin

o Derrière nos écrans de fumée (sur Netflix)


  • Bien évidemment, bloquer les comptes et effacer les commentaires néfastes sont les premières étapes. Mais si la situation s’aggrave et devient ingérable, sachez que vous n’êtes pas seul, parlez-en, dénoncez, trouvez du soutien auprès de vos proches. Puis adressez-vous aux autorités compétentes ou à des associations spécialisées, j’en inclus quelques-unes ci-dessous :

o https://www.aide-aux-victimes.ch/fr/victime-de/autres-infractions/

o https://www.netzcourage.ch (en allemand)

o https://www.actioninnocence.org/

o https://www.skppsc.ch/fr/sujets/internet/cyberharcelement/


  • A notre niveau, nous pouvons informer voire éduquer notre entourage, je pense notamment à nos familles & amis, petits frères, petites sœurs, cousins/cousines. La sensibilisation sera probablement l’un des moyens les plus efficaces afin de venir à terme de cette problématique.


  • Last but not least : Témoignez votre soutien sur les réseaux. En Suisse, nous sommes peut-être un peu timides avec les likes, les commentaires positifs et les partages. Pourtant, ces actions donnent beaucoup de force et de satisfaction, elles permettent ainsi de contrebalancer les messages négatifs dont sont peut-être victimes certains de vos comptes / personnalités préféré(e)s, sans même que vous ne le sachiez. Parfois, je remarque qu’on a plus tendance à prendre le temps de faire un commentaire négatif qu’une appréciation positive – et c’est dommage. Soyons solidaires, encourageons-nous mutuellement sur les réseaux afin d’aller de l’avant tous ensemble.


A vous qui me lisez actuellement, merci pour votre soutien et bienveillance.

Peace - MJ

Merci pour votre visite!

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